Smiley face

Le Petit Chaperon rouge

Il était une fois une petite fille de village, la plus jolie qu’on eut su voir : sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore. Cette bonne femme lui fit faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien, que partout on l’appelait le Petit Chaperon rouge.

Un jour, sa mère, ayant fait des galettes, lui dit : « Va voir comment se porte ta mère-grand, car on m’a dit qu’elle était malade : porte lui une galette et ce petit pot de beurre. » Le Petit Chaperon rouge partit aussitôt pour aller chez sa mère-grand, qui demeurait dans un autre village.

Village

En pénétrant dans le bois, la fillette sentit tomber sur elle quelques gouttes de pluie qui s’échappaient du ciel. Parée de son beau chaperon rouge, il lui aurait été facile d’affronter sans trop de risque cette averse, et d’attendre être arrivée chez sa mère-grand pour se mettre à l’abri, et se sécher un peu.

Mais le chemin inverse était ma foi plus court et plus direct. C’est pourquoi le Petit Chaperon rouge jugea qu’il était plus raisonnable de rentrer chez elle. L’enfant pensa surtout qu’elle en serait moins humide, en effet le mauvais temps l’agaçait, et l’eau frisait ses cheveux. Sur ces pensées sages et responsables, le Petit Chaperon rouge fit demi-tour, laissant le bois derrière elle, et sa mère-grand plus loin encore.

Forêt

Rentrée à son village, la jeune fille prévint sa mère que le mauvais temps l’avait fait rebrousser chemin, craignant une tempête et qu’un éclair par malchance ne tombe sur un arbre, le faisant s’embraser puis s’écraser en travers sa route, ou pire encore sur elle-même. La mère trop occupée par la conversation téléphonique qu’elle entretenait avec une voisine, ne fit pas attention aux craintes d’apocalypse de sa fille.

Village

Le Petit Chaperon rouge s’enferma alors dans sa chambre et regarda par sa fenêtre la pluie tomber, se disant que sa mère-grand, aussi malade qu’elle peut être, attendra bien quelques jours pour recevoir sa galette et son petit pot de beurre.

Fenêtre

Ce qu’elle apprendra bientôt est que son indifférence envers sa mère-grand l’avait empêché de voir une dernière fois la vieille dame, qui fût par le loup trompée et dévorée, alors qu’elle espérait juste voir au moins une fois encore le sourire de son Petit Chaperon rouge.

Ce qu’elle ignorait à cet instant est que son égoïsme l’avait sauvée des griffes d’un grand méchant loup affamé, qui l’aurait sans remord dévorée elle et son chaperon rouge.

Forêt

L’histoire ne raconte pas comment le loup trouva le chemin de la maison de la vieille dame, et encore moins sa ruse qui fut de se faire passer pour la petite fille de la mère-grand.

Cependant on dit ici ou là, que si cette idée lui vint à l’esprit, c’est parce qu’il côtoyait depuis un temps le Petit Chaperon rouge, qui gracieusement et régulièrement lui offrait une galette et un petit pot de beurre.